Le dialogue : Consécration des ententes antérieures et des divisions au sujet de la présidence Hariri et Berri appuient la position de Bkerké; Aoun pour l’entente sur un candidat et Geagea en propose trois
1. La situation interne :
A l’issue de la réunion du dialogue tenue hier, les participants se sont entendus sur la discussion d’un processus à suivre pour résoudre la question de la présidence au cours de la prochaine séance de dialogue fixée pour le 16 mai, ainsi que sur l’appui au gouvernement pour la mise en application des résolutions des réunions antérieures. La dernière décision prise hier est le changement du siège des réunions du dialogue afin d’alléger le poids de la crise sur le centre-ville de Beyrouth. Quant à la question de la présidence de la république, clause principale de la réunion, elle est demeurée en suspens en raison des différends entre les participants et des tergiversations de la « majorité ». Les présents se sont quand même mis d’accord sur la nécessité d’établir un processus précis pour régler cette question, et ce probablement d’ici le 16 mai.
En effet, deux directions ont fait surface durant la réunion : la première et la plus directe et honnête, celle du Général Aoun qui a appelé à résoudre les désaccords et à soulager la crise qui se répercute négativement sur la situation socio-économique du pays, surtout après la « lecture » donnée par le Premier ministre Siniora sur les graves retombées de la crise du pouvoir sur la situation économique qui se dirige vers la « catastrophe » si le dialogue échoue. La deuxième direction a été prise par les forces du 14 mars qui ont atermoyé et proposé plusieurs candidats à la présidence en vue de tester les autres parties… pour finir par fuir vers l’avant et lancer la balle dans le camp du Patriarche Sfeir, afin d’éviter de faire face au candidat du programme clair, comme si ces forces voulaient résoudre la question de la présidence sans le Général Aoun. Certaines sources médiatiques ont rapporté que le Dr Samir Geagea s’est chargé de transmettre la position du Patriarche à la table du dialogue en affirmant qu’il avait proposé à ce dernier quatre noms, soit Michel Aoun, Boutros Harb, Nassib Lahoud et Nayla Moawad, mais qu’il a dû laisser tomber le quatrième nom car le Président Berri lui avait demandé de réduire sa liste. On apprend d’autre part que cette même équipe avait proposé une liste de 10 noms, soit Harb, Lahoud, Moawad, Robert Ghanem, Chebli Mallat, Jean Obeid, Michel Eddé, Riyad Salamé, Charles Rizk et Ghattas Khoury, dans une tentative de semer le trouble et la confusion. Et lorsqu’il lui a été proposé de soumettre quelques-uns de ces noms au Président de la république pour qu’il en choisisse un, ce groupe a catégoriquement refusé. D’ailleurs, Walid Joumblatt et Samir Geagea se sont farouchement opposés à une telle proposition alléguant qu’Emile Lahoud est un président inconstitutionnel. On apprend de sources médiatiques que le Général Aoun s’est opposé aux essais de l’autre clan d’impliquer le Patriarche Sfeir dans cette confusion politique par respect pour le siège patriarcal et pour éviter de le forcer à prendre parti et de lui faire assumer des responsabilités que seuls les politiciens devraient assumer. Le Président Berri, le député Hariri et le Dr Geagea avaient tous les trois annoncé qu’ils suivaient le chemin de Bkerké, alors que le Général Aoun a rappelé à tous que le Patriarche Sfeir a plusieurs fois répété qu’il ne désirait pas participer au jeu des noms.
Dans cette atmosphère, le Président de la Chambre, Nabih Berri, a annoncé le report de la réunion du dialogue au 16 mai prochain dans l’espoir que cette nouvelle échéance donnera lieu à de plus amples pourparlers et à une prise de positions plus claires et décisives.
2. Points de vue :
• Hezbollah : (en réponse à Joumblatt) Nous n’avons pas besoin du témoignage d’un habitué aux changements constants. • Emile Lahoud : Les Libanais en ont assez de politique, ils veulent vivre. • Hussein Husseini : Une Chambre non constitutionnelle ne peut élire un Président. • Samir Geagea : Le dossier du « Hezbollah » nécessite plusieurs réunions et nous avons quatre candidats à la Présidence, dont le Général Aoun (de Bkerké). • Saad Hariri : Nous sommes pour ce que le Patriarche Sfeir désire. • Ibrahim Kanaan : La démocratie consensuelle est nécessaire et le Liban ne peut être dirigé par une majorité ou une minorité. • Kamel Asaad : Nous sommes d’accord pour Aoun comme Président et Lahoud doit démissionner. Je suis contre le désarmement du Hezbollah. • Courant patriotique libre (Bécharré) : Ennuis causés par des membres de la sécurité intérieure qui rappellent le régime antérieur. • Nabih Berri : Nous avons consacré nos décisions et nous continuerons nos discussions le 16 mai prochain. • Ali Ammar : (au sujet de Marwan Hamadé et de Walid Joumblatt) Un clan noir loyal à l’étranger. Walid Joumblatt mène le projet d’effritement du gouvernement et son motif et celui de Samir Geagea sont un. • Général Aoun : Je maintiens ma candidature à la Présidence car la bataille est ouverte. La « majorité » a volé le gouvernement et a paralysé le pouvoir. • Anwar Raja : Les Palestiniens garderont leurs armes. • Mohammad Hussein Fadlallah : Où est le plan de réforme du gouvernement?
29 Avril 2006 Bureau de l’information du Bloc du Changement et de la réforme - Traduit par NT
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