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Le CPL rejoint le 8 mars? |
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Written by l'Orient le Jour - Jad Semaan
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Hier, le CPL a rejoint les manifestants du 8 mars 2005 ; au total environ 250 000 personnes… Comment sauver l’économie sans un programme de réformes ?
Le moins que l’on puisse dire, pour commencer par les (rares) points positifs de la revendication d’hier, c’est que les organisateurs et les protestataires, aussi bien que les forces de l’ordre auxquelles Fouad Siniora et Ahmad Fatfat ont rendu hommage, ont réussi une manifestation sans fautes, sans fureurs et sans incidents. Pour le reste, et indépendamment de la politisation outrancière et malsaine de la tragédie économique que vit le Liban, force est de (se) poser une question – une seule, mais de taille : comment sauver une économie libanaise en lambeaux sans un véritable programme de réformes, passage incontournable et urgentissime à cette conférence dite de Beyrouth I et dont le Liban a nécessairement besoin ? Que les manifestants, venus à l’appel des pôles du 8 Mars (emmenés haut la main par le Hezbollah) et du CPL de Michel Aoun appellent, même avec des slogans parfois haineux, au départ de Fouad Siniora, de son gouvernement et de ses alliés, reste une chose compréhensible venant de la part de l’opposition. Qu’ils hurlent leur désarroi contre la cherté de vie et la précarité de l’emploi en est une autre, encore plus légitime. Mais qu’ils déchargent toute leur haine et toute leur énergie contre Beyrouth I, alors que les formations politiques qui les encadrent continuent de ne rien proposer en contrepartie du programme de réformes du gouvernement, voilà qui devient, tout d’un coup, carrément irrationnel et réellement très grave. Nos informations et le reportage de Jad SEMAAN
« Qu’Allah les préserve, Berry, Aoun et Nasrallah ! » Le 10 mai 2006, le CPL rejoint les manifestants du 8 Mars 2005
Beyrouth la courtisane prête son flanc à tous les manifestants. N’est-ce pas son devoir de courtisane ?
Ils sont venus, ils sont tous là, surtout ceux du Hezbollah. Il y a même les sympathisants de Michel Aoun, les orangistes, avec des portraits de sayyed Nasrallah plein les bras. Rien n’a changé à l’est de Beyrouth. Vivre dans le passé est une spécialité bien locale : les klaxons chantent la même antienne à la gloire du « général ». Épars, rares, les drapeaux du courant des Marada s’unissent à l’étendard orange. Vive Sleimane bey ! La énième démonstration de force que connaît Beyrouth depuis février 2005 a paralysé la circulation. Ce n’est pas grave. Le peuple se nourrit de manifestations et d’eau fraîche, servies en abondance. Cela donne du travail aux militaires. « Tout le monde est de service aujourd’hui, les FSI, les Fouhoud, les bérets verts, la Moukafaha… » précise un agent de l’ordre. Dire que l’on est venu manifester contre la politique « antisociale » du gouvernement, contre les réformes économiques, contre la conférence d’aide au Liban, Beyrouth I, et contre la précarité de l’emploi ne serait pas tout à fait exact. Non pas parce que la manifestation a donné du travail aux vendeurs de galettes au fromage, de glaces ou de boissons fraîches, mais parce que les manifestants, jeunes, voire très jeunes dans leur majorité, sont venus à l’appel de formations politiques qui ont un objectif aussi explicite que les écriteaux et les slogans brandis hier : le départ de Fouad Siniora, de ses alliés et de leur cabinet. Il est vrai que la manifestation a eu lieu à l’initiative du Comité de coordination syndicale pour protester contre le document de réforme économique qui prévoit, entre autres, la contractualisation de la fonction publique. Mais, voyons, qui réunirait 250 000 manifestants ? (telle est l’estimation du ministère de l’Intérieur; l’AFP parlait de « dizaines de milliers », cette même AFP faisait état « d’un million de manifestants », le 14 février 2006…; quant au site du CPL, il a dénombré la présence d’un « demi-million de manifestants »…).
La présence des aounistes
À partir de la place Barbir, là où s’étaient rassemblés les manifestants du 8 Mars 2005 pour clamer leur « loyauté » à la Syrie, ils sont partis, vers les quinze heures, en direction de l’avenue Béchara el-Khoury, avant de passer sous le pont Fouad Chéhab, pour rallier la place Riad el-Solh. Les formations présentes étaient les mêmes que celles du 8 mars, c’est-à-dire le Hezbollah, les Marada, le mouvement Amal, le PSNS, le Parti démocrate libanais (Talal Arslane), le Baas, la troisième force (Sélim Hoss) ou encore de petites factions nassériennes, telles que le Congrès populaire national (Kamal Chatila). Il faut y ajouter – et comment– le CPL. Sur cette place Barbir, le rouge du Parti communiste et les bons vieux marteau et enclume répondent présent. Plus frappant est le rouge du Mouvement du peuple, dont le président, Najah Wakim, et le vice-président, Ibrahim Halabi, marchent aux côtés des jeunes. Pourquoi sont-ils là ? Un manifestant répond à sa manière. Mohammad (22 ans) est venu de Haouch al-Rahfqa, dans la Békaa, avec des dizaines d’autres sympathisants du Mouvement du peuple. Il a collé son caleçon à un écriteau où l’on peut lire : « C’est tout ce qui me reste! » Plus clairement, un manifestant affiche la phrase suivante : « Beyrouth I et Paris I, bonnet blanc et blanc bonnet. » N’est-ce pas écrit noir sur blanc ? Attention ! Ceux qui portent le tee-shirt orange et l’écharpe tamponnée du visage de Aoun ne sont pas tous des militants du CPL. Khouloud, 19 ans, est venue du Sud. « J’aime le Hezb, bien sûr, mais je suis venue dire que les chiites aiment le général », dit-elle. « Aoun est un brave homme, un ‘‘édamé’’, renchérit Ali (18 ans). Les “ awèdem ” comme lui et sayyed Hassan sont rares. » Ali Hussein est venu avec les camarades de classe d’un lycée de garçons appartenant au Hezbollah, à Baalbeck. Juste une question : que font les aounistes, ici, maintenant ? Élie est l’un des milliers d’ « orangistes » venus de Beyrouth et des cazas voisins. « Je viens dire que je rejette le congrès Beyrouth I, la feuille de réformes économiques, la hausse de la TVA et de l’essence… » indique l’étudiant en droit. « Qu’ils aient besoin d’augmenter les taxes, d’accord. Mais que proposent-ils en retour ? » s’interroge-t-il. Hadi, qui est du même bord, se contente d’un petit ajout. « Il parle de contractualisation ? Le contrat de Fouad Siniora a expiré aujourd’hui », sourit-il. Le fameux refrain « Les réformes politiques d’abord, les réformes économiques ensuite » est servi à plusieurs sauces. Sur les écriteaux ou à travers les haut-parleurs, les jeunes ne mâchent pas leurs mots lorsqu’ils qualifient Siniora ou Hariri de « voleurs ». Que des adolescents de la banlieue sud insultent Samir Geagea ou Walid Joumblatt, cela passe encore, vu ce que scandent les jeunes du 14 Mars lors de leurs manifestations. Mais qu’ils se « félicitent » de la mort de Gebran Tuéni, cela relève de l’ignoble… Entre deux « égoïstement », certains prennent le temps de parler. « Ce n’est qu’un test, une répétition », remarque Nafez (17 ans). « Nous reviendrons dans la rue, et en force, si le gouvernement ne change pas ses méthodes », précise-t-il.
La fiesta rouge Ce n’est pas seulement contre la politique du gouvernement qu’ils sont venus manifester, mais aussi pour afficher les couleurs qu’ils défendent. Entre le portrait de l’émir Magid Arslane, ceux qui crient à la gloire du nucléaire iranien et les autres vivats à l’honneur de la Syrie, on en perd le drapeau libanais, omniprésent pourtant. Comment ne pas noter que l’édifice idéologique du Hezbollah est inébranlable ? Que lorsque les hommes du Hezb, les renommés « Indibat », assurent la sécurité d’une manifestation, le résultat est un zéro faute ? Le bon vieux folklore gauchiste battait, lui aussi, le pavé. Dans cette fiesta rouge, il fallait immanquablement dépoussiérer la barbe de Guevara et les slogans effilochés du style « À bas le régime » ou « Salauds de riches ». Après tout, entre Arlette Laguiller, place de la République, et Khaled Hdadé, place Riad el-Solh, ce n’est qu’une question de charisme. Pour en venir à la place Riad el-Solh, là où la manifestation a abouti, Hanna Gharib, président du Comité de coordination syndicale, a prononcé un discours dans lequel il a martelé l’opposition des syndicats, présents hier, à la politique du gouvernement qui vise à leur « imposer les conditions de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international ». Puis, vers seize heures et quart, chacun est remonté dans son car. En se donnant rendez-vous à la prochaine.
Jad Semaan
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Madness takes over Lebanon.
Militants are fighting in the streets of Beirut. Military guns are on both sides. What is the prospect of such a situation. Aren't the Lebanese fed-up with wars?
23 November 2007
Lebanese President Emile Lahoud left the Baabda presidential palace without handing over the power to a new president. This is the first time since independence in 1943. |
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