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La situation au Liban prise entre l’entêtement syrien et la précarité L’appui médiatique franco-égypto-saoudien ne sort par les relations libano-syriennes de leur impasse
1. La situation interne: Le sommet syro-égyptien tenu depuis deux jours au Caire n’a pas mené à une modification dans la position syrienne face à l’évolution du dialogue libano-syrien. La Syrie a ainsi insisté sur le fait que le chemin le plus court pour la discussion des relations libano-syrienne est celui de Beyrouth-Damas et que les axes internationaux, qu’ils passent par NY, Washington ou Paris, ne mèneront à aucune issue positive à ce niveau, comme l’a déclaré hier le ministre syrien de l’Information. Et on a ouï dire que les propos courtois exprimés par le Premier ministre Siniora hier ne faciliteront pas les choses et ne permettront pas de renouer les relations, mais qu’ils rappellent, à bon escient, la proposition du Général Aoun d’envoyer à Damas une délégation des participants au dialogue pour « une tasse de café ».
Dans sa réponse aux journalistes qui lui demandaient hier des nouvelles de son appel au Président Moubarak au sujet des résultats du sommet syro-égyptien, le Premier ministre Siniora a déclaré que son appel « émanait de son désir de prendre des nouvelles du Raïs et qu’il y a évidemment eu un échange sur la situation en général… Le Président Moubarak est un grand ami du Liban et un grand frère qui se préoccupe toujours des intérêts de notre pays. » Ce qui est certain c’est que ces propos tendres ne pavent pas la voie devant le dialogue et ne résolvent pas les crises entre les pays comme aurait pu le faire la « tasse de café » proposée par le Général Aoun qui aurait été une solution pratique pour les relations tendues entre les deux pays. Or, l’enjeu du chef du Courant du futur sur le « père » Chirac ne semble pas faire un rebond et leur entretien hier pendant une heure à l’Élysée et l’appui français qu’il a obtenu aux résolutions internationales, ainsi que l’appui réitéré de Washington et les déclarations de bonne intention de la part de l’Egypte de l’Arabie Saoudite ne semblent pas être la meilleure façon de contraindre Damas à ouvrir le dossier de ses relations avec le Liban ni à la convaincre des intentions sérieuses du gouvernement Hariri pour l’encourager à rétablir les relations entre les deux pays. Ainsi Damas a dit hier ce qu’elle avait à dire à ce sujet affirmant qu’aucune route internationale ou arabe ne mènera au rétablissement du dialogue libano-syrien et que ce dossier était lié aux résolutions du dialogue interlibanais dont la reprise est aujourd’hui soulève des doutes. Pendant ce temps, le Président de la Chambre, Nabih Berri, de retour d’un long congé à l’étranger, a répondu par la négative aux rumeurs sur une possibilité de congé estival qui serait accordé au dialogue national, affirmant que « nous arriverons à une solution unanime pour la défense du Liban » et assurant de l’appui saoudien et égyptien au dialogue national et à ses résolutions, y compris le rétablissement des relations libano-syriennes, à la suite de sa rencontre avec les ambassadeurs de ces deux États. Le député Saad Hariri est, pour sa part, sorti de sa rencontre avec le Président Chirac pour déclarer « qu’il était possible d’établir des relations diplomatiques entre le Liban et la Syrie… parce que nous sommes le Liban et non Israël. » D’un autre côté, et dans un premier entretien sur la structure du parti du CPL, le Général Aoun a affirmé que le règlement interne du parti n’a pas été établi pour lui et que l’autorité du Chef n’est pas à l’abri du contrôle. Sur le plan du Conseil constitutionnel, le Hezbollah semble vouloir escalader la situation, alors que l’on compte trente nouvelles candidatures à ce Conseil jusqu’à aujourd’hui, sachant que la date limite pour les candidatures est lundi prochain à minuit. On rappelle que les juges du Conseil qui prolongent les séances de discussion entre eux commencent à se retrouver sous une forte pression de la part des forces du 14 février. 2. Points de vue :
• Fouad Siniora (en réponse au ministre Walid Moallem) : Nous tenons à établir de bonnes relations avec la Syrie. • L’Ambassadeur d’Egypte, Hussein Darrar : Le Caire effectue des contacts apaisants afin de rétablir les relations entre le Liban et la Syrie. • Ali Ammar : La paralysie du Conseil constitutionnel est un précédent très grave. • Général Aoun : A parlé de la structure du parti du Courant patriotique libre. • La ligue maronite : A rendu hommage au rôle du Président Chirac. • « Colloque du travail » : L’attaque contre la Présidence a nui au poste à l’intérieur et à l’extérieur. • Samir Geagea : Tant que Lahoud est à Baabda, les crises se multiplieront. • Ibrahim Kanaan : Nous refusons le changement des positions du jour au lendemain. • Le ministre syrien de l’Information : Qui veut rendre visite à Damas n’a pas besoin de passer par Washington. • Saad Hariri : Nous sommes conscients, comme l’est le Hezbollah, des tentatives de rendre la situation au Liban explosive. • Elie Ferzli : Le régime syrien doit reprendre son rôle d’ici 6 mois au risque de s’effriter. La pensée fédérale fait son chemin… et je m’attends à ce que le dialogue échoue et qu’aucune solution ne soit trouvée.
24 juin 2006 Bureau de l’information du Bloc du Changement et de la réforme - Traduit par NT
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